L’habitat du futur: penser la ville de demain

L’habitat du futur: penser la ville de demain.

Comment accueillir plus de 6 milliards de personnes en ville tout en protégeant l’environnement ? La question est loin d’être anodine.

D’ici 2050, plus de 70% de la population mondiale vivra en milieu urbain. Transports, pollutions, consommation d’énergies, vivre-ensemble, les enjeux sont cruciaux. Et derrière la question de l’habitat du futur, se cachent inéluctablement des considérations environnementales. Depuis quelques années, les scientifiques, experts, et acteurs locaux imaginent la ville de demain et partout, de Londres à São Paulo, en passant par Paris ou Shanghai, les initiatives se multiplient.

Quels sont les changements que l’on pourrait observer dans les prochaines années en termes de consommation, d’urbanisme et de mobilité ? Retour sur les grands défis de la ville de demain.

 

DE NOUVEAUX MODES DE VIE ET DE CONSOMMATION

Une diminution des déplacements en voiture.

Réduction des voies réservées aux voitures, restrictions de circulation en période de pic d’ozone, retour des vignettes antipollution, stationnements hors de prix, multiplication des espaces piétons… Au-delà de cette conscience écologique grandissante au sein de la population, l’usage de la voiture en ville est aujourd’hui devenu une contrainte pour les usagers. Une pénibilité qui entraîne, inexorablement, une diminution des déplacements en voiture, au profit des modes de transport écologiques, comme le vélo. Preuve, s’il en est, de la position des pouvoirs publics sur le sujet, l’État indemnise désormais, à raison de 25 cts/km, les employés se rendant sur leur lieu de travail à vélo.

Une utilisation accrue des transports en commun.

Les transports en commun (train, métro, bus, …) ont vu leur utilisation considérablement augmenter, avec plus de 125 millions de trajets hebdomadaires,  soit une hausse de 30% en 10 ans. Une tendance qui continuera  à s’accentuer dans les années à venir, grâce aux nombreuses initiatives menées par les pouvoirs publics et visant à promouvoir ce type de transport moins polluant: modernisation des réseaux et revalorisation des espaces urbains, gratuité des titres de transport dans certaines villes, comme à Gap ou à Châteauroux, …

Le retour au « Made in France ».

Marquée par de nombreux scandales au cours des dernières décennies – la vache folle, la grippe aviaire, la viande de cheval vendue pour de la viande de bœuf, les conditions déplorables des abattoirs, ou, tout récemment, les œufs contaminés au fipronil – l’industrie agro-alimentaire est aujourd’hui en pleine crise de confiance. Plus de 80% des consommateurs se tournent désormais vers les produits locaux, plus sains et plus écologiques, avec un double-objectif : manger mieux, tout en soutenant les petits producteurs et en participant directement à l’économie locale.

DE NOUVELLES FAÇONS D’IMAGINER LA VILLE

Des initiatives futuristes pour remettre la nature au cœur de la ville.

Derrière l’imagination parfois débordante des architectes de demain, une chose est sûre: la ville du futur se veut sobre, innovante et résolument tournée vers l’environnement, en harmonie avec une planète aux ressources limitées. Particulièrement concernées, les grandes mégalopoles américaines et chinoises redoublent de projets et d’initiatives pour créer l’habitat écologique de demain, entre jardins suspendus au-dessus des gratte-ciels (City in the Sky),  villes au cœur de la forêt (Liuzhou, Nanjing, …- Chine), tours-arbres pour absorber la pollution et produire des fruits et légumes bio (Shanghai, Pékin, …- Chine ; Projet Hyperions à New Delhi), …

Des espaces verts, espaces durables mais aussi espaces de vie.

Au-delà de ces considérations écologiques, les espaces verts ont également des conséquences positives sur le confort de vie et la convivialité. Véritables espaces de vie, ils créent un lien entre la ville et ses habitants et améliorent le rapport à l’autre et à la nature. L’initiative de la ville de Paris de distribuer plus de 30,000 sachets de graines de plantes vivaces et potagères va entièrement dans ce sens : végétaliser balcons, terrasses, murs et trottoirs d’ici à 2020, pour favoriser la biodiversité en ville et le mieux-vivre.

Des routes, trottoirs et pistes cyclables en rénovation constante.

La réfection des routes, trottoirs, et pistes cyclable sont également constamment à l’ordre du jour des plans d’aménagement en territoire urbain. Là encore, les enjeux en termes de mobilité, de sécurité, et d’environnement sont importants: nouveaux matériaux bio et non-polluants, trottoirs « nettoyeurs d’air » pour réduire la pollution, aménagement de pistes cyclables, … À l’échelle européenne, le projet « Eurovélo » travaille par exemple à la création d’un vaste réseau de 12,000 km de pistes cyclables, à travers 42 pays d’Europe.

DE NOUVELLES FORMES DE MOBILITÉ

Vers la fin des énergies fossiles

C’est un fait, les énergies fossiles non renouvelables (charbon, pétrole, gaz naturel) sont vouées à disparaitre. Si elles représentent actuellement plus de 80% de l’énergie produite dans le monde, les études prévoient un basculement, vers 2025, vers les énergies dites « propres », aujourd’hui largement minoritaires. En cause, la chute drastiques des coûts liés au solaire et à l’éolien, la montée des biocarburants, une conscience écologique forte au sein de la population, ou encore les subventions des pouvoirs publics visant à privilégier ce type d’énergie alternative.

Un désintérêt croissant pour la voiture

On l’a vu, avec les récents aménagements faits du côté des villes, la voiture est de moins en moins la bienvenue dans les centres urbains. Mais en plus, sa côte de popularité auprès des jeunes est aussi en forte baisse. Ainsi, en région parisienne, ils ne sont que 45% des jeunes de 18 à 24 ans à posséder le permis de conduire. Si le coût de l’examen n’y est pas étranger, la difficulté de circulation en voiture, et l’amélioration du réseau de transports en commun y sont également pour beaucoup.

La popularité grandissante des véhicules électriques.

Face aux enjeux écologiques et à la fin programmée des énergies fossiles, les constructeurs automobiles misent également sur la voiture électrique, qui rencontre de plus en plus de succès auprès des usagers. Selon certaines études, elle devrait d’ailleurs être majoritaire, d’ici 2030, dans la majorité des grosses agglomérations. Mais d’autres formes de véhicules électriques, propices à la mobilité en milieu urbain, voient également le jour : trottinettes, draisiennes, ou autres micro-véhicules, à l’image du Walkcar sont de plus en plus populaires dans les villes.